Blues de l’adoration

Qu’est-ce qui peut être plus agressant ou intimidant que l’image humaine de Dieu? On veut aller pique-niquer par une journée ensoleillée et il s’en fout ; il dérange nos plans et envoie de la pluie sur notre pique-nique, et on est peut-être en colère contre lui sans oser le dire. Mais, puisqu’il est Dieu et qu’il nous a faits à son image, on continue à le défier, de sorte que l’agression et l’intimidation deviennent un mode de vie. On ne sait pas pourquoi il est si fâché contre nous qu’il envoie de la pluie sur nos défilés ou nos pique-niques, une tornade ou un ouragan qui détruit les maisons de carton de nos communautés. Mais puisque nous l’avons créé, nous devons créer des raisons pour sa colère contre nous, et la fiction continue, se nourrit de notre énergie, et s’avère le virus le plus violent jamais identifié sur cette planète, dans tout l’univers, en fait.

Pour admirer l’agression, il faut se placer soi-même dans la position de l’agressé, interprétant tout ce qui nous arrive comme survenant pour le bien de l’humanité ; bien sûr, (tout timides que nous soyons) nous sommes le genre humain, la plus importante création à laquelle Dieu ait jamais pensé. Quand on n’en peut plus de soi-même, peut-être serait-il bon d’examiner nos croyances plutôt que de se plaindre des mauvais traitements qu’on dit recevoir d’ailleurs. Pour admirer l’agression, il faut se sentir aggressé ; c’est la définition même de la hiérachie. Si on est trompé par le grand spectacle de cette lutte de pouvoir, on continue de souffrir de la vie plutôt que d’en profiter.

Les idées d’agresseur et d’agressé sont en relation directe avec la croyance en un Dieu qui divise: Yaveh et Satan, Bien et Mal. Deux émergent d’un. L’agressé et l’agresseur s’agitent ensemble dans le miroir de l’esprit, doublés par l’attachement à l’autre.

Monica Hathaway, 10/04/03
traduit par Maryse Pelletier

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