Quand le temps nous est donné

À 20 ans, je voulais que mon esprit se développe, que mon savoir gonfle jusqu’à éclater, que mon énergie décuple, que mon nom résonne loin autour de moi ; je me voyais comme une sorte de nuage bénéfique s’étendant jusqu’à l’horizon, et chacun, sous ce nuage, se sentait mieux, plus intelligent, plus heureux.

Aujourd’hui, je sens et je sais que j’appartiens à la terre – je sens mes racines sous mes pieds – à l’énergie qui se transforme incessamment, à la lumière qui se déploie pour créer l’ombre et la chaleur. Je ne suis qu’une manifestation de la vie elle-même, de sa force, de sa transformation, de son impermanence. Je n’ai presque plus ni nom, ni goûts personnels, je fais ce qu’il faut pour rester en vie parce que ça fait partie de mon être, de mon ADN, j’essaie d’alléger toujours davantage les zones sombres de mon corps et de ma mentalité et je suis reconnaissante (envers qui ou quoi, je ne sais) du simple fait de vivre grâce à ce corps que j’ai et qui vieillit tout doucement.

J’admire le ciel, la terre, les plantes et les animaux, qui sont leur essence incarnée – quelquefois je voudrais que ma vie soit aussi simple et belle que la leur – et je m’émerveile et m’étonne sans cesse de la façon dont se conduit la race humaine, à laquelle je ne suis pas terriblement fière d’appartenir, au bout du compte.

Voilà.

On change, quand le temps nous est donné.

4 thoughts on “Quand le temps nous est donné

  1. Monique dit :

    Super, Maryse! J’adore comment tu utilises la prose pour t’exprimer. C’est beau, c’est touchant et tellement… ton toi unique. Toi qui es un modèle pour moi qui en suis à ses premiers balbutiements comme écrivaine. Bravo!

  2. Michel Pelletier dit :

    Comme c’est beau de vieillir en beauté et en sagesse!

  3. Robert Parson dit :

    Merci Maryse, je me retrouve dans plusieurs des ces images.
    Des fois je sens que je me réveille d’une jeunesse à la Castafiore, soulignée par des « je ris de me voir si bellle dans ce miroir!! »
    Et sans amertume, sans orgueil, je ris maintenant de m’avoir reconnu tout simplement moi dans ce miroir. Humour, amour. Respire, expire.

  4. Monique Pelletier dit :

    Bonjour!

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