Monthly Archives: novembre 2025

Les régiments

Elles sont là en régiment
Elles avancent elles ont 20 ans
Avec l’œil et le doigt chercheur
Elles avancent et elles ont peur
Les filles
Elles avancent en riant
Elles avancent en frissonnant
Poussées par la peur de vieillir
De vieillir seules et de mourir
Les filles
Le régiment des filles seules
Qui marche au pas de son désir
Vers tous les mâles à conquérir

Et c’est le grand acharnement
Les plus beaux sont les grands gagnants
Comme on parle pas on n’a pas le choix
On juge la face ou bien les bras
Des gars
De l’autre côté c’est le même jeu
On se rend à la ligne de feu
On prend les blondes ou les sucrées
Comme on dit rien faut bien goûter
Les gars
Et on se roule en roucoulant
On est pressé on n’a pas le temps
De s’embrasser se regarder
On est à 2 tout est réglé
Les gars

Les régiments s’en vont chassant
De peur d’être seuls un instant
Se couchent et dorment en sursautant
Et se réveillent en grimaçant
Les régiments
D’avoir cru une fois à l’amour
D’l’avoir raté au premier tour
Ils se mettent à chercher encore
Et c’est le grand roulis des corps
Aux régiments
Et ils vieillissent ratatinés
En faisant pour les remplacer
Comme par hasard continument
Des milliers des millions d’enfants
Les régiments

Et si…

Et si, finalement on n’était ici que pour survivre (apprendre, manger, se reproduire et tout ce qu’il fait faire pour réaliser ça) et être bien. Si, finalement, ça n’était que ça. Pourquoi pas? On se trompe à conquérir, à se battre, à construite plus haut que la lune, à démolir tout aussitôt. On se trompe.

On est ici, j’en suis presque certaine, pour survivre et être bien. Comme les arbres, les animaux, comme tout ce qui vit sur notre planète, mobile ou immobile, furtif ou durable. Oui, il faut régler quelques problèmes au passage pour être bien, mais il faut surtout accepter la simplicité et l’humanité d’une journée ordinaire, durant laquelle on survit avec bonheur et tendresse pour tout ce qui, tous ceux qui, nous entourent.