CONTRASTES ET UNITÉ
L’admiration exaltée devant un ciel étoilé
Des vêtements qui puent
L’exquise sophistication d’une fleur de bougainvillier, toute petite et blanche, au centre d’un fouillis de feuilles pourpres, ou rouges, ou mauves, ou orangées
Ma voisine est sourde comme un pot, je dois hurler pour qu’elle m’entende
L’incomparable multiplicité des objets en céramique, en poterie, en porcelaine, depuis les premiers temps de l’humanité : fiables, solides, colorés, utiles, qui retournent à la terre après avoir passé à travers l’eau et le feu pendant des décennies
L’ongle de mon index droit s’est cassé, encore une fois.
L’amitié à la douceur presque palpable, fidèle, qui rend la vie supportable au quotidien, à travers les idéaux réduits en poussière et les amours assassinées
Tiens, le napperon s’est décousu, comment ça, donc? Je le jette, ou je le répare?
La fulgurance de la sensation de saisir, avec toutes les fibres réceptrices de son corps et de son esprit, la nature de cette personne, jusque-là inconnue, assise devant soi
Mon imprimante manque d’encre, il me faudra une heure de voiture m’en procurer d’autre
Le son de la neige qui crisse sous ses pieds le lendemain d’une bordée, alors que le ciel est d’un bleu claire et profond et que le soleil faire éclater des myriades de cristaux d’argent
Même les héros ont des crottes de nez
La millième orchidée, puis, beaucoup plus tard, la deux millième, ces deux mille plantes toutes nourries à l’humidité, créent en silence des fleurs complexes et odorantes, pour leurrer tout ce qui vole et se faire polliniser.
L’épée du héros est ébréchée, son pantalon, troué par l’usure
Comprendre, pour la première fois, l’impermanence
Avoir des chaussettes trouées juste à l’extrémité du gros orteil et sentir, c’est désagréable, que son orteil colle au bout de son soulier
Identifier, pour la première fois, des planètes alignées et savoir par là, et définitivement que l’univers bouge
Que l’univers bouge, oui, au creux de ses bras et qu’on est entraîné inexorablement avec lui.
Avec lui. Comme les fourmis, comme les planètes.
L’univers en vrac se laisse surprendre!
Merci