Envier les pierres

Je suis remuée, ces temps-ci, par une pensée obsédante, troublante.

On pourrait s’entendre pour affirmer que la vie et son évolution ont finalement, après plusieurs centaines de millénaires, réussi des chefs-d’œuvre tels que les corps des mammifères, et surtout le corps humain. Avec leurs tissus, leur système sanguin, leur système lymphatique, leur intelligence, leur intuition, leur capacité d’apprendre, d’agir et de transformer, la recherche du confort, ces organismes vivants sont si complexes, si sophistiqués, que c’est d’un illogisme fou de leur donner tout au plus une centaine d’années à vivre. Et encore, pas dans les meilleures conditions pour plusieurs. Le plus étonnant, dans tout ça, est qu’il paraît que c’est l’oxygène qui leur permet de vivre qui les fait rouiller aussi, les oxyde à la longue (pas si longue que ça).

Au bout du compte, on aurait de quoi envier les pierres, si elles pouvaient se déplacer seules.

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