Le corps, cette entité, participe à une danse universelle de possibilités infinies, l’espace-temps étant le théâtre sur lequel il se meut.
Si les sens sont ouverts, les possibilités sont perçues spontanément, et la danse raconte la beauté, la magnificence et l’abandon propres à chaque instant de vie. Peu importe ce qui se passe durant cet instant, le corps agit de façon vraie et appropriée, parce qu’il trouve intuitivement sa place dans l’ensemble.
Si les jugements surgis de la mémoire, les conceptualisations, les classifications, les identifications, etc., viennent interférer avec les perceptions, les mouvements et les réactions du corps naissent d’une base désincarnée – celle du champ des perceptions désincarnées. Alors, la danse se trouble, stagne et s’alourdit, encombrée par les rappels de comment le corps devrait bouger, comment il devrait agir ou ressentir, voir ou entendre, goûter, sentir ou penser.
C’est ainsi que le corps devient « mon corps », « moi-même », et il y a d’autres corps autour qui deviennent aussi des « moi » et « moi-même ». La danse devient bizarre, les danseurs butent, se heurtent les uns aux autres, et, pris de vertige, tombent de fatigue devant les exigences des sens désincarnés.
Quand la musique du moment originel n’est pas perçue spontanément, le rythme des mouvements est faussé. Les danseurs ont cessé leur danse, ils sont devenus des praticiens. C’est à ce moment qu’ils doivent redécouvrir l’espace offert par les six sens à chaque instant.
C’est la façon de pratiquer « La Méditation des six sens. »
Texte de Monica Hathaway
traduit de l’anglais par Maryse Pelletier