Considérations sur le son

Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.

Le ton « normal » de notre voix est celui qu’on utilise pour se surveiller.

Un son apaisant veut contrôler la tendance à la violence (apaise la bête sauvage, soigne-la).

Un son de séduction camoufle une tendance à l’avidité, à l’amour de soi

Le ton taquin compense un manque d’humour (c’est la peur d’être entraîné dans une situation malgré soi). Il indique : « Je connais tes intentions ».

Le son de la frivolité est destiné à cacher l’étendue de la connaissance des gens — il ne faut pas avoir trop intelligent si on veut survivre.

Le son d’un bavardage constant tend à dissimuler la peur de ce qui est dit ou pourrait être dit par des gens qu’on ne connaît pas encore.

Se retenir de parler est une façon de cacher la tendance à émettre des jugements de valeur sur des personnes.

Le son de la joie est la voix du silence.

D’une façon très inconsciente, nous utilisons le ton de notre voix pour créer des expériences particulières :
un ton apathique demande la sympathie
un ton sympathique demande la confiance
le ton de la propitiation vise la libération de la tristesse
un ton triste demande la cessation de la peur
un ton peureux demande la colère.

Un ton suffisant, vaniteux, dissimule la tendance à croire que les autres ne comprendront pas ce que nous disons.

Le ton cynique cache la tendance à s’accrocher à un idéal romantique.

Le ton qu’on a pour parler est celui qu’on a pour lire. Il est aussi celui qu’on a pour entendre. On pourrait dire que chaque personnalité est basée sur un ton et une énergie uniques en termes d’énergie. Il est possible qu’un ton donné active la partie du cerveau qui, par exemple, envoie des messages suppresseurs de douleur, qui aident à se sentir mieux. Il est possible que ce ton soit celui qu’on appelle guérisseur, apaisant. Cela pourrait expliquer la légende à l’effet que les guérisseurs soient incapables de se guérir eux-mêmes, et pourquoi leur soi-disant art n’est pas fiable. Ils utilisent un ton apaisant pour contrôler leur tendance à la violence. Leur tentative peut réussir pendant un certain temps, jusqu’à ce qu’un événement inattendu éveille leur violence contenue, et qu’alors ils perdent le contrôle de ce qu’ils pensaient être leur pouvoir.

Le ton qu’on utilise pour lire quelque chose pour soi-même m’apparaît vraiment démontrer pourquoi la compréhension est liée à la capacité de se libérer du ton auquel on s’identifie habituellement. Cependant, on trouverait étrange le fait qu’une personne parle ou lise à haute voix dans un autre ton que le sien.

Quand une personne dit qu’elle apprend lentement, il est possible qu’elle aime tellement la connaissance qu’elle en soit incapable de la laisser surgir, ou de la faire bouger. Ou ce pourrait être une forme d’avidité qui se colle à son système de croyance et résiste à toute tentative de partager la connaissance : « La connaissance est l’affaire de Dieu et doit être considérée comme telle. Elle ne peut pas être comprise par de pauvres êtres humains ». Dans ce cas, il s’agit d’un effort pour protéger les secrets divins.

Le son de la colère pourrait tout à fait dissimuler la peur d’être abusé et la tendance à la gentillesse, à la bonté.

Le ton de la tolérance semble déguiser une tendance à avoir d’énormes préjugés.

Il est possible qu’on parle dans un ton et qu’on écoute dans un autre ; on parle avec tolérance, on écoute avec préjugés.

Le son clair qui souhaite écouter et être entendu est le Sambhogakaya

Il est possible que de parler avec un ton rassurant dissimule la tendance à considérer le futur comme menaçant ; ce futur serait vu comme un inconfort, et la seule façon de le rendre confortable serait de dire : Ça va aller ! La « vérité » serait trop destructrice. Les meilleurs plans concoctés par les souris et les hommes ne se déroulent pas toujours comme le voudrait celui qui planifie ; vraiment, les prières faites à un Dieu personnel sont de pauvres substituts pour un état d’éveil véritable.

Qui sont les guérisseurs ? Qui sont ceux qui nous rendent malades ? Des questions, quelqu’un ? La nature dualistique de l’esprit ne nous laisse comme choix que l’espace ouvert.

Monica Hathaway, M105
Trad. Maryse Pelletier

One thought on “Considérations sur le son

  1. Joceline dit :

    Allo Maryse, très intéressant ce texte sur le ton donc sur la voix qui est la manifestation de l’énergie d’une personne. On travaille là-dessus quand on fait de la radio.Je ne suis pas nécessairement d’accord avec tous les liens que fait Monica mais ces désaccords me donneront à matière à réflexion.

    Joceline
    xxx

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